Jeudi 27 septembre 2018 à 1:31

AF : Je passe jeudi soir en ville. On va boire un coup avec les autres ?
AK : Avec plaisir !
AF : Tu dors où, chez qui ?
AK : Je ne sais pas.
AF : Je peux t'héberger. 

Elle fit semblant de n'avoir aucune autre alternative, obligée de dormir avec lui, évidemment. Et il fit semblant de la croire. Elle savait qu'il savait. Il savait qu'elle savait qu'il savait. Jeu tacite. 

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Ils passèrent de longues heures avec leurs amis communs. Rire. Aucun croisement de regard. Rire. Ne pas penser à plus tard. Rire. Il savait. Elle savait. Ils ne savaient pas, eux. 

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AF : Dernière fois.
AK : Dernière fois.

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AF : Vraie dernière fois.
AK : Ok, vraie dernière fois.

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AF : Je, je voudrais qu'on s'arrête là, qu'on en reste là.
AK : Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu ne veux plus jamais me voir ? On ne se connait plus ?
AF : Non ! Jamais ! Jamais je ne pourrais ! 
AK : Alors quoi ?
AF : Je, je veux qu'on arrête nos bêtises. On, on fait n'importe quoi depuis des années. On a divorcé il y a quatre ans, il faut qu'on arrête de continuer comme ça. 
AK : C'est tout ? Tu m'as fais peur. Evidemment ! Je suis d'accord. 
AF : Tu es d'accord, c'est vrai ?
AK : Biensur, ça ne rime à rien. On a divorcé, ça suffit les conneries. 
AF : On a divorcé, et je comprends qu'on en ai eu besoin pendant un temps, de ces retrouvailles. Ca arrive, on est pas les premiers ni les derniers. Mais, ça fait quatre ans bientôt. Ca suffit.
AK : Ca suffit. 
AF : Merci, tu m'enlèves un poids ! J'avais si peur de te le dire ce matin.
AK : Peur ? Mais non enfin, c'est évident qu'il faut qu'on arrête. Je me faisais la même réflexion. Moi, j'avais peur que tu veuilles couper les ponts à jamais. 
AF : Jamais ! Justement, je ne souhaite surtout pas qu'on en arrive là un jour à cause de tout cela. Tu es ma meilleure amie AK, à jamais. 
AK : Tu es mon meilleur ami aussi. Compte sur moi. On arrête. 
AF : Promis ? 
AK : Promis. Ca suffit. Plus d'escapades nocturnes. Tu ne me proposeras plus jamais de m'héberger. Je me débrouillerai, on sait très bien que je me débrouillerai. Et je ne te dirai plus jamais que je n'ai pas de solution d'hébergement pour la soirée. Je trouverai ou je rentrerai chez moi, même si ce n'est pas à côté.
AF : Promis. Je ne te le proposerai plus. 
AK : Je ne te dirai plus oui. A partir d'aujourd'hui chacun rentre de son côté. 

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Chacun de son côté. 

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"Baby, it hit so hard, holding on to my chest
Maybe you left your mark, reminding me to forget
It doesn't matter where you are, you can keep my regret
Baby, I got these scars, reminding me to forget"

Dimanche 1er juillet 2018 à 23:27

 Viens. Reviens. Je t'en prie reviens. J'en ai mal au coeur tellement tu manques à ma vie, à mon quotidien. Je sais que je ne t'ai pas montré que je me battais, et toi non plus. Je sais qu'on ne s'est pas impliqués comme on aurait du le faire, tous les deux. Et on ne s'en est jamais voulu, heureusement. Je sais que j'ai eu le droit d'essayer de faire ma vie avec lui il y a quatre ans. Je sais que tu as le droit d'essayer de faire la tienne aujourd'hui avec elle. Je sais. Je sais que c'est injuste, vraiment injuste. Je sais que si je t'avouais à quel point ça me déchire le coeur je serais la pire des salopes. Parce qu'on s'est toujours respectés, et si je le faisais je ne te respecterai pas, plus. Je sais. Je sais.

Mais j'ai la rage. J'ai une telle rage. J'ai la rage de passer à côté de toi, encore, et que ce soit la dernière fois. Je ne suis pas jalouse, je suis comme désarmée, désabusée. "Désabusée: qui n'a plus d'illusion. Synonymes: désenchanté", revenu, désillusionnée". J'ai peur de ça.
J'ai peur que ça se termine, j'ai vraiment peur.

C'est terminé P-Y, ne plus agir c'est terminé. Je refuse de te laisser partir et je ne sais même pas comment te le dire. Je n'ai pas le droit de te le dire. Je cherche la solution. Mais, pendant une rupture, on a le droit de se battre.
 J'ai le droit de me battre. 
"

Mercredi 20 juin 2018 à 2:18

AF : Je descends de Paris pour trois jours. Je mange avec un collègue ce soir, mais j'ai très envie de te voir après.
AK : Je mange avec Math et Chr ce soir. D'accord pour après.
AF : J'ai loué un airbnb, tu peux y dormir si c'est plus simple, il y a un canapé. Je t'envoie l'adresse si tu veux poser quelques affaires, j'y passe vers dix-neuf heures et repars vers vingt heures.

Alors on s'y est retrouvé, on a bu deux ou trois verres de vin, sur ce canapé où je devais dormir. Puis on est parti chacun de notre côté, à nos diners. 
On s'est retrouvé en ville pour rentrer ensemble, un peu plus tard. On a fini le vin, sur ce canapé, puis il a dit qu'il allait se coucher à l'étage, comme prévu, dans ce grand lit.
Il avait fait une chaleur écrasante toute la journée, alors j'ai cherché la salle de bain pour prendre une douche. Elle était à l'étage, la seule salle de bain. Alors j'ai monté ces escaliers et découvert une suite parentale. Une chambre spacieuse, puis une passerelle menant à une salle de bain, séparés par un paravent. Alors on s'est retrouvés côte à côte, face au miroir, se regardant dans les yeux. Il se brossait les dents, je me démaquillait. Situation banale, sauf avec son ex-mari. 

AK : Je.. je vais prendre une douche après si ça ne te déranges pas. 
AF : Je t'en prie, c'est normal.

Je suis allée chercher ma brosse à dent. Lorsque je suis revenue il avait lancé l'eau, et était allé se mettre lui même en pyjama. Voilà, la soirée s'arrêtait là.
Je me suis alors déshabillée et ai remarqué que ce n'était pas n'importe quelle douche, même pas une douche.

AK : Merci d'avoir lancé l'eau. Mais, c'est une baignoire d'angle avec des jets ? C'est dingue ! Je vais me faire plaisir, moment détente !
AF : Oui tu as vu ? Je n'avais pas bien vu sur les photos lorsque j'ai réservé, c'est chouette hein ?!

J'ai glissé un premier pied dans l'eau chaude, puis un deuxième. Il est réapparu torse nu, en short de nuit, face au miroir, pour appliquer sa crème de nuit. Et nous avons entamer une discussion. Nous parlions de nos amis, de la vie... J'étais complètement nue, dans ce bain, à me savonner. Il appliquait sa crème de nuit, s'épilait quelques poils à la pince. Situation banale, sauf avec son ex-mari. Puis pendant qu'il parlait, il a retiré son short. 

AF : Tu.. tu me fais une place ? Je peux t'y rejoindre ?
AK : Ou-oui... biensur.

Il a alors prit place derrière moi, m'entourant de ses jambes. Ses mains massaient mes épaules pendant que nous continuions nos discussions. L'eau est petit à petit devenue froide, nous sommes alors sorti de ce bain. Il s'est glissé sous les draps et s'offrait alors à moi le choix de descendre dormir sur le canapé ou ici. Je me suis glissée sous les draps à mon tour, ses bras m'ont entourés rapidement. Nous étions bien.
Endormis après avoir fait l'amour, réveillés en faisant l'amour.


Tu ne t'es pas excusé cette fois-ci. Merci. 

Jeudi 14 juin 2018 à 1:48

 Ce soir je suis allée à un concert et ça m'a rappelé notre adolescence. Ca m'a rappelé ce moment de la vie où nous vivions de manière plus légère qu'aujourd'hui. Ca m'a rappelé à quel point c'est important de continuer à vivre comme ça, le plus possible. 
Ce soir je suis allée à ce concert et c'était une vrai fête. Thomas Mars et le reste du groupe étaient incroyables, vivants, fous. Et ça m'a rappelé à quel point il ne fallait jamais oublier d'être incroyable, vivante, et folle; à quel point ma vie se doit d'être incroyable, vivante, et folle. Ce soir ça m'a rappelé à quel point la vie peut être légère, à quel point on s'en fou. La mort, c'est grave. La maladie, c'est grave. Mais tu vois, je suis malade, mais je m'en fou. Je ne m'arrêterai jamais de vivre mon p'tit. 

 On s'en fou. J'te jure, on s'en fou.

Jeudi 10 mai 2018 à 2:37

 Tu me manque Pyves. La vie est plus douce lorsque tu en fais partie. 
J'aimerais que tu sois présent, un jour, un de ces quatre matins. Une des nombreuses soirées que l'on fait pendant l'été.

Lorsque je me blotti sous ma couette et que j'ai du mal à m'endormir, j'ai souvent ce petit rituel, cette petite habitude, pour faciliter mon sommeil: j'imagine que je suis à une soirée chez Chr. J'imagine que je suis assise sur une chaise, sur la terrasse à l'arrière de la maison, un verre dans une main, une cigarette tenue par l'autre. Sandales aux pieds, robe légère et confortable sur les épaules. J'imagine que j'entends quelqu'un jouer de la guitare, au loin. C'est un homme, il chante aussi. J'imagine que Maé me bande les yeux. Je ne comprends pas ce qui m'arrive. Je ne comprends pas ce qui se passe. Elle me lève de ma chaise et guide mes pas. J'arrive à me repérer et comprends que l'on fait le tour de la maison pour se rendre sur la terrasse l'avant de la maison, puis je sens de l'herbe sous mes pieds. Il y a du monde autour de nous. Et alors, j'imagine qu'elle enlève le bandeau de mes yeux et que tu apparais devant moi, me chantant "moi lolita" comme lorsque nous étions au lycée il y a dix ans. J'imagine le choc, le sol se dérober sous mes pieds, les genoux qui ne portent plus rien. J'imagine la surprise, mes yeux écarquillés, la bouche bée et la main droite posée dessus. J'imagine l'incompréhension qui se lit sur mon visage, et les rires de mes amis. J'imagine les larmes de joie qui coulent sur mes joues, et ton sourire d'avoir réussi ta surprise. 
Je t'imagine si bien, arrêtant ta guitare pendant qu'un ami prend le relais, pour la poser et pouvoir m'approcher. 

J'en suis venue à rêver que je te vois. Tu me manques Pyves. 

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